Aujourd’hui, consulter un voyant à Paris peut se faire par téléphone, en cabinet ou même en ligne. Ainsi, les voyants Parisiens ont troqué leur roulotte contre un site web. La voyance à Paris est devenue "digitale" au XXIe siècle. C'est la signature du temps.
Car, la pratique de la voyance dans la capitale ne date pas d’hier. Et aujourd’hui encore, de nombreuses personnes cherchent à consulter un voyant à Paris pour obtenir des réponses sur leur avenir.
En effet, depuis plus de sept siècles, les Parisiens se tournent vers les diseurs de bonne aventure, les cartomanciennes et les médiums pour tenter de percer les mystères de l’avenir.
Du Moyen Âge aux émissions de télévision, l’histoire de la voyance à Paris traverse les époques, les interdictions et les modes. Certaines figures célèbres ont même marqué durablement l’imaginaire collectif.
Voyons comment l'art divinatoire de la voyance française s’est développé dans la capitale au fil des siècles.
Au XIVᵉ siècle, les pratiques divinatoires commencent déjà à circuler dans la capitale.
En 1393, apparaissent les premières cartes appelées Naibic, ancêtres des jeux divinatoires. Elles portent déjà l’idée de prophétie.
Mais la popularité de ces pratiques inquiète les autorités. En 1398, le prévôt de Paris interdit l’usage des cartes lors des jours de fête, afin d’en limiter la diffusion.
Quelques décennies plus tard, l’arrivée de groupes bohèmes aux portes de Paris en 1427 contribue à populariser les arts divinatoires. Les diseurs de bonne aventure attirent les foules curieuses, fascinées par leurs prédictions.
Au début du XVIIᵉ siècle, la voyance devient une activité visible dans l’espace public parisien.
En 1611, le Pont-Neuf devient un lieu animé où se côtoient :
Ce mélange détonnant témoigne de la popularité croissante des pratiques divinatoires dans la vie quotidienne parisienne.
Au XVIIIᵉ siècle, la capitale est profondément marquée par les idées des Lumières et par l’essor de la raison scientifique.
Paradoxalement, durant cette période les consultations divinatoires se propagent dans Paris.
Durant la Révolution française, les Parisiens se tournent massivement vers les cartomanciens pour tenter de comprendre les bouleversements en cours et se rassurer.
C’est également à cette époque que le célèbre Etteilla, grand spécialiste du tarot divinatoire, codifie les règles d’interprétation des cartes.
L’une des figures les plus marquantes de la voyance parisienne reste Marie-Anne Lenormand. Originaire d'Alençon dans l'Orne, elle s'intéresse, dès son plus jeune âge, à la divination.
En 1793, elle ouvre son cabinet au 5 rue de Tournon à Paris.
Sa réputation devient rapidement immense. De nombreuses personnalités politiques de l’époque viennent consulter la célèbre cartomancienne, parmi lesquelles :
Sous le Directoire et l'Empire, sa réputation grandit grâce à l'Impératrice Joséphine.
Après avoir acquis une fortune colossale, Anne-Marie Lenormand mourut, à Paris, en 1843. (On peut d'ailleurs toujours voir sa tombe au Père Lachaise).
À la fin du XIXᵉ siècle, les autorités tentent de freiner la pratique de la cartomancie.
En 1895, le préfet de police de Paris prend des mesures pour limiter l’activité des cartomanciennes.
Pour contourner ces interdictions, certains voyants présentent alors leurs activités divinatoires comme des “soins pour dames”.
Même les personnalités politiques consultent en secret. Le président de la République Félix Faure aurait ainsi fréquenté pendant plusieurs années une célèbre voyante parisienne, Madame de Thèbes, avenue de Wagram.
À Paris, ce nouvel interdit de la Voyance "excite" plus qu'il ne dissuade...
Au début du XXᵉ siècle, l’intérêt pour les phénomènes psychiques se développe.
La métapsychique, ancêtre de la parapsychologie, tente d’étudier scientifiquement les capacités médiumniques.
Entre 1924 et 1927, l’Institut Métapsychique International (IMI) accueille à Paris le médium Pascal Forthuny, qui réalise plusieurs expériences publiques de voyance. Ce grand Médium prédira les découvertes scientifiques de Pierre et Marie Curie, mais aussi... la Seconde Guerre mondiale.
Ces recherches contribuent à populariser l’idée que certaines perceptions intuitives pourraient dépasser les limites de la perception ordinaire.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’angoisse et l’incertitude poussent de nombreux Parisiens à consulter des voyants.
Les questions portent principalement sur :
Le couturier Christian Dior consulte notamment plusieurs voyantes après la disparition de sa sœur Catherine durant l’Occupation. Le 27 mai 1945, sa voyante fétiche, Madame Delahaye, lui annonce le retour de sa sœur à Paris dès le lendemain.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Paris entre dans une période de reconstruction et de profondes transformations. Les années d’après-guerre sont marquées par le baby-boom, la reprise économique et un besoin général de se projeter à nouveau vers l’avenir.
Dans ce contexte d’incertitude et de renouveau, les consultations de voyance restent très présentes dans la capitale. Entre 1945 et le milieu des années 1950, certains entrepreneurs, commerçants ou investisseurs n’hésitent pas à consulter des médiums et cartomanciens parisiens avant de prendre des décisions importantes.
La législation reste toutefois méfiante à l’égard des pratiques divinatoires. En 1958, plusieurs dispositions du Code pénal viennent rappeler les interdictions visant certaines formes d’exercice de la voyance.
Malgré ces restrictions, l’intérêt du public ne disparaît pas. Au contraire, les années 1960 voient apparaître à Paris une nouvelle génération de voyants et voyantes qui contribuent à moderniser l’image de la discipline. La voyance commence alors à s’adapter à son époque et s’inscrit progressivement dans une culture plus médiatique et populaire.
Dans les années 1960 et 1970, la voyance commence petit à petit à entrer dans l’univers médiatique. Certaines personnalités contribuent alors à populariser ces pratiques auprès du grand public.
Parmi les figures les plus marquantes de cette période figurent notamment :
En 1972, l’Olympia organise même un événement baptisé “Temple de la Voyance”, illustrant l’intérêt croissant du public pour ces pratiques.
La voyante Yaguel Didier a marqué les années 1970 et 1980 par sa forte médiatisation. Marie-Claire Pauwels, journaliste et romancière, alors directrice du magazine Madame Figaro, la décrivait d’ailleurs comme « la star de la voyance et la voyante des stars ».
En 1975, la chaîne de télévision française Antenne 2 lance le premier horoscope télévisé quotidien intitulé Astralement vôtre. Ce court programme sera suivi de deux autres émissions consacrées à l'astrologie et présentée par l’astrologue Élisabeth Teissier jusqu'en 1983.
Dans les décennies suivantes, radios et chaînes de télévision françaises ouvrent leurs programmes aux consultations astrologiques et médiumniques : TF1, Direct 8, Vivolta d'abord, puis IDF1 avec ID Voyance. En 2018, la chaîne MEDIUM NEWS est créée sur YouTube. C'est le début de l'info prédictive.
Le 15 avril 2019, l’incendie spectaculaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris bouleverse la France et le monde entier. Ce monument emblématique de la capitale, construit au Moyen Âge, voit sa flèche et une grande partie de sa toiture détruites par les flammes.
Depuis plusieurs siècles, les écrits de Nostradamus nourrissent en effet de nombreuses interprétations autour d’événements historiques.
J’ai d’ailleurs analysé en détail ce quatrain et les interprétations possibles dans cet article consacré à la prophétie de Nostradamus sur l’incendie de Notre-Dame de Paris.
Si la voyance parisienne possède une longue histoire, elle reste aujourd’hui une pratique bien vivante.
Certains médiums perpétuent cette tradition en proposant des consultations personnalisées pour aider les personnes à mieux comprendre leur avenir et leurs choix de vie.
Aujourd'hui, les consultations peuvent se faire :
Mais malgré ces évolutions, l’essentiel reste inchangé : les personnes consultent toujours pour obtenir des éclairages sur leur avenir, leurs relations ou leurs choix de vie.
Dans ma pratique de médium, je constate que les questions restent finalement très proches de celles posées il y a des siècles.
Les époques changent, mais la quête de sens et de réponses demeure.
Ainsi, en l'espace de sept siècles, tout a changé pour que rien ne change... À Paris, aujourd'hui, le métier de voyant reste populaire, humain, parfois décrié, mais toujours universel.

Jérôme Morel est médium et voyant indépendant. Il a ouvert son cabinet de voyance en 2011.
Date de mise à jour de cet article :